L'horrible fin d'une femme enceinte

 

Bien que cette histoire ait toutes les apparences d’une légende urbaine, elle est malheureusement bien réelle.


 


Pour bien comprendre cette macabre histoire, il faut remonter en juillet 1982 dans la ville de Salaberry-de-Valleyfield, au Québec. Jocelyne Dupras Deschambault, âgée de 40 ans, test complètement désespérée. Son deuxième mari désire la quitter. Elle se sent complètement démunie ; elle ne peut concevoir vivre sans son mari. Désirant à tout prix sauver son mariage, elle lui annonce donc qu’elle est enceinte, convaincue que cela le persuaderait de rester à ses côtés. Effectivement, Monsieur Deschambault revient à la maison, incapable d’abandonner sa femme enceinte et son enfant à naitre.




L’annonce de la grossesse de Jocelyne est accueillie chaleureusement par son entourage. Tous savaient à quel point elle avait toujours désiré un enfant. Bien que son premier mari, un certain Dupras était stérile, elle avait toujours ouvertement parlé de son désir d’être mère. Au fil des semaines qui passent, l’harmonie au sein du couple semble revenir tranquillement. Comme toutes les femmes enceintes, Jocelyne se prépare à la venue de son futur enfant. Elle achète des accessoires de bébé, parle de maternité et consulte même un médecin. Tout semble normal. Du moins en apparences.



En réalité, Jocelyne Deschambault n’a jamais été enceinte. Elle s’est mise dans de beaux draps en inventant ce mensonge, mais surtout en l’alimentant. En effet, plus les mois passent et plus Jocelyne s’enfonce dans son mensonge. Elle simule donc sa grossesse allant jusqu’à demander à des proches de l’accompagner à l’Hôpital juif de Montréal pour ses rendez-vous médicaux en lien avec sa grossesse. Évidemment, Jocelyne ne verra jamais de médecin lors de ses visites à Montréal, mais puisque les gens qui l’accompagnaient l’attendaient à l’accueil, ils croyaient faussement le contraire.



Les semaines passent et Jocelyne ressent l’urgence de trouver une issue à sa situation. Elle se rend donc à plusieurs reprises au Centre Rosalie Jetté, une ressource pour les jeunes mères adolescentes. À plusieurs reprises, elle sollicite des jeunes filles enceintes qui fréquentent le Centre afin de leur proposer d’acheter leur bébé. Jocelyne Deschambault soutiendra durant son procès qu’elle tentait de les convaincre qu’elles étaient jeunes, que cet argent leur permettrait de refaire leur vie et d’avoir un enfant dans un moment plus opportun pour elles. Toutes les jeunes filles approchées ont refusé catégoriquement son offre.



Jocelyne Deschambault est de plus en plus désespérée. Les mois ont passé et la date de son présumé accouchement approche.



Le 11 mars 1983, Jocelyne qui est en apparence enceinte de 9 mois croise le chemin de Suzanne Beaumier Lauzon âgée de 24 ans. La jeune femme, enceinte de 8 mois marche sur la rue Jacques Cartier, près du parc Salaberry à Valleyfield. Jocelyne Deschambault offre à la jeune femme de la reconduire chez elle. Cette dernière, ne voyant pas de danger potentiel à embarquer en voiture avec une femme enceinte, accepte l’offre de Jocelyne. Chemin faisant, Jocelyne propose à Suzanne de prendre un café chez elle. Chose normale dans les années 1980 où les amitiés naissaient souvent autour d’un café dans une quelconque cuisine.



Une fois les deux femmes installées dans la cuisine, Jocelyne propose à Suzanne Beaumier Lauzon de lui acheter son bébé. Cette dernière refuse. Il est facile d’imaginer que la pauvre femme a dû être complètement paniquée. Pourquoi une femme enceinte visiblement à terme, voudrait acheter son bébé? Jocelyne insiste désespérément. Suzanne refuse de nouveau en manifestant son désir de quitter les lieux. Aussitôt, Jocelyne Deschambault s’empare d’un sac de plastique et l’enfile sur la tête de la jeune femme en tentant de l’étouffer. Suzanne Beaumier Lauzon se débat. Une altercation survient entre les deux femmes qui dans la bataille tombent dans la descente d’escaliers. Elles se retrouvent au sous-sol. Jocelyne Deschambault frappe violemment Suzanne Beaumier Lauzon. Elle s’empare ensuite d’un couteau avec lequel elle poignarde la jeune femme à 48 reprises.



C’est alors que Jocelyne Deschambault laisse sa victime sur le sol puis s’empresse de tout nettoyer. Il faut savoir qu’elle était connue pour avoir des manies exagérées en ce qui concerne la propreté. En fait, certains témoins diront même que c’était un véritable problème, qui nuit à son fonctionnement. Certains affirmeront, qu’elle prenait jusqu’à 8 douches par jour. Nettoyer de fond en comble, fut le premier réflexe de celle, qui venait de tuer une jeune femme enceinte pour lui soutirer son bébé. Après 2 heures à nettoyer sa maison, Jocelyne a soudainement souvenu du bébé. Elle s’empare de nouveau de son couteau puis procède à une césarienne maison. Elle retire l’enfant du ventre du corps sans vie de sa mère. Le bébé est décédé. Ellecoupe le cordon ombilical puis s’empresse de nettoyer le bébé.



Jocelyne Deschambault enroule le corps de Suzanne dans une couverture puis dans une autre. Elle affirmera à son procès qu’elle fut incapable d’arrêter de l’enrouler. Elle le place ensuite dans le petit placard situé sous la descente d’escaliers. Elle se déshabille ensuite puis s’installe dans le bain en déposant le corps du nouveau-né sur son ventre. C’est d’ailleurs ainsi que son mari la trouve à son retour du travail ce soir-là.



Elle est aussitôt transportée à l’hôpital. L’infirmier qui l’accueille réalise immédiatement que quelque chose ne va pas. Le bébé est trop propre, trop froid. Le discours de la présumée mère incohérent. Le médecin qui l’examine alerte aussitôt les autorités en leur disant qu’une femme qui n’a visiblement pas accouché revendique la maternité d’un bébé mort-né précédemment dans la journée dans des circonstances nébuleuses.



Le policier Guy Beaudin se rend au domicile des Deschambault situé sur la rue Des érables à Valleyfield. Il dira au procès que sa première constatation fut la propreté excessive des lieux. Il s’est alors dit qu’aucune femme ne pouvait avoir donné naissance dans cette maison tant elle était propre et bien rangée. Rien n’était déplacé, tout était parfaitement rangé, il n’y avait même pas un pli sur un lit. D’ailleurs, cela leur aura pris un certain temps avant de trouver le corps de Suzanne Beaumier sous la descente d’escaliers.



Jocelyne Deschambault est mise en état d’arrestation. Au terme d’un procès plutôt rapide, elle est déclarée coupable du meurtre de Suzanne Lauzon. Elle écope d’une peine de prison à vie. Lors du prononcé de la sentence, les gens présents se lèvent et applaudissent.



Les résidents de Salaberry-de-Valleyfield sont mitigés. Certains clament haut et fort que la peine infligée est justifiée et qu’elle la mérite amplement. D’autres dénoncent la rapidité du procès et le fait que son état mental n’a pas été pris en compte. Selon eux, il est évident qu’elle ne pouvait être tenue criminellement responsable pour aliénation mentale, terme utilisé à l’époque.



Deux ans plus tard, sa cause est portée en appel. Cette fois, plusieurs experts sont entendus et Jocelyne Deschamps subit plusieurs évaluations psychologiques. Le jugement tombe : celle qui a éventré une femme enceinte pour lui voler son bébé est acquittée pour aliénation mentale. Elle est alors transférée en institut psychiatrique avec la consigne qu’elle pourra retourner en société lorsque les psychiatres traitants jugeront qu’elle est apte à y retourner.

Un de ses frères déclare alors que sa sœur est une femme brisée, qu’elle ne pourra plus jamais reprendre sa vie normalement. Selon lui, elle est alors rongée jour et nuit par la culpabilité.


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